Près de cinquante ans après la mort de mon père, je cherche encore la vérité
Il existe des histoires que le temps apaise. Et puis il y a celles que le silence rend plus lourdes, année après année. En 1977, mon père, Ahmed, perdait la vie à la suite d’un accident survenu en France, alors qu’il repartait vers le Maroc avec sa famille. Ma sœur et moi étions encore des enfants. Notre mère se retrouvait seule, dans un pays dont elle maîtrisait mal la langue, face à des administrations qu’elle ne connaissait pas. Près de cinquante ans plus tard, des questions essentielles demeurent. Où sont passés ses droits ? Mon père avait travaillé pendant une quinzaine d’années à Bruxelles. Il avait cotisé, travaillé, construit une vie et assumé ses responsabilités. Après sa mort, qu’est-il advenu de ses droits sociaux, de ses assurances, d’une éventuelle indemnisation et de sa succession ? Des démarches ont-elles été entreprises ? Des sommes ont-elles été versées ? À qui ? Sur quelle base ? Et pourquoi ses enfants ont-ils grandi sans jamais recevoir d’explications cl...