Discipline, mission, avenir : ce qui manque aux jeunes en difficulté
Ces derniers jours, une proposition de Theo Francken a suscité le débat : créer des programmes d'encadrement inspirés du monde militaire pour certains jeunes délinquants dès l'âge de 14 ans.
Pour une fois, je me suis surpris à être plutôt d'accord avec l'idée.
Pourquoi ?
Parce que je ne parle pas en observateur extérieur.
Je suis passé par un centre ouvert pour primo-délinquants lorsque j'étais adolescent.
À quelques mètres se trouvait un centre fermé accueillant des jeunes considérés comme plus difficiles.
Nous les croisions régulièrement.
Avec le recul, un constat m'a marqué : de nombreux jeunes du centre ouvert finissaient par rejoindre le centre fermé.
À l'époque, je ne comprenais pas toujours pourquoi.
Aujourd'hui, je pense avoir une partie de la réponse.
Le problème n'était pas uniquement le comportement des jeunes.
Le problème était souvent l'absence de perspective.
Nous avions un cadre.
Nous avions des règles.
Nous avions des éducateurs.
Mais nous n'avions pas toujours un horizon.
Personnellement, ce qui m'a aidé n'est pas seulement le centre.
Ce sont les activités auxquelles j'ai participé.
Les marches.
Les sorties.
Les expériences qui m'ont permis de découvrir autre chose que mon environnement immédiat.
C'est moi qui ai choisi de saisir ces opportunités.
D'autres ne l'ont pas fait.
Certains ont poursuivi un chemin qui les a conduits vers davantage de délinquance puis parfois vers la criminalité.
Des années plus tard, ce sont pourtant ces expériences qui m'ont ouvert vers le secourisme, l'ambulance, la Croix-Rouge et la gestion de crise.
C'est pour cette raison que je pense qu'un programme structuré inspiré du monde militaire mérite d'être étudié sérieusement.
Attention : je ne parle pas d'humiliation.
Je ne parle pas de violence.
Je parle d'un cadre.
Je parle de discipline.
Je parle d'effort physique.
Je parle d'esprit d'équipe.
Je parle de responsabilité.
Je parle de mission.
Si j'avais à concevoir un tel programme, j'y intégrerais :
du sport ;
du secourisme ;
de la protection civile ;
des travaux utiles à la collectivité ;
des formations professionnelles ;
du mentorat ;
un suivi après la sortie.
Le véritable objectif ne devrait pas être de punir davantage.
Il devrait être de transformer un jeune sans repères en citoyen capable d'apporter quelque chose à la société.
Mon expérience m'a appris une chose simple :
Les jeunes ont besoin de limites.
Mais ils ont surtout besoin d'une direction.
Sans direction, le cadre finit par devenir une parenthèse.
Avec une direction, il peut devenir un tremplin.
Voilà pourquoi cette idée me semble mériter un débat sérieux et dépassionné.
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